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« Votre Majesté,
Alors en guerre contre l’Espagne, j’ai eu charge le 16 mars 1667 d’attaquer tout navire espagnol, mission -si je l’ose- que je pense par ailleurs avoir remarquablement bien menée.
Mais voilà, de corsaire à pirate il n’y a qu’un pas…Et il semblerait que je l’ai franchi…
Pour l’or ? Certes. Pour la liberté ? Sans doute.
Aujourd’hui, afin de préserver les intérêts de la France ainsi que la paix avec la couronne espagnole, vous me sommez de cesser mes agissements. En échange de quoi…vous me promettez la grâce royale ainsi que la restitution d’une partie de mes terres et biens.
Votre proposition m’honore, mais j’aurais bien tort de me priver de revenus si abondants, votre Majesté !
C’est donc avec regret que je me dois de décliner votre généreuse offre.
J’attends vos flottilles… Mes hommes sont en mal d’action.
Quant à écrire mon testament (conseil donné par votre Grandeur en cas de refus), vous vous moquez ! Corsaires ou forbans, nous n’existons que sur le jour que nous vivons…Jamais sur celui qui suit !
Alors, quelles pourraient être mes dernières volontés ?
Bien sincèrement.
Eline De Lussac.
Le 3 octobre 1668 »
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