John EVANS

NomJohn EVANS
OriginePays de Galles (GB), 16??, - Darien, 1669 (39 ans)
Coup d'éclatPrise d'un sloop espagnol très riche près d'Hispaniola
NaviresScourer, Lucretia-and-Catherina
Fréquentations?
Fin de carrièreAssassiné d'une balle et jeté à la mer par un de ses pirates de forte tête




   John Evans est Gallois de naissance et son histoire vaut la peine d'être contée.

Port-Royal (Jamaïque)
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   L'homme avait déjà servi en qualité de maître sur un sloop appartenant à Nevis puis, quand il eut perdu cet emploi, il s'engagea à la Jamaïque comme contremaître et fit quelques voyages en cette qualité. Peu lucratif, ce service eut tôt fait de le dégoûter, aussi chercha t-il avec trois ou quatre de ses compagnons à se mettre en quête d'une activité qui lui rapportât mieux. Voici notre monde embarqué, à la fin de septembre 1722, à Port-Royal de la Jamaïque (voir carte) sur un petit canot. On accosta nuitamment au nord de l'île, où quelques maisons furent pillées, argent et effets aisés à transporter, et l'on entassa le butin dans le canot.

   Evans ne manque pas d'audace...
   Malgré le succès certain de cette entreprise, nos petits brigands voyaient plus loin : ils voulaient courir la mer, qu'ils savaient plus propre à contenter leur cupidité; mais leur embarcation était décidément bien faible pour un projet d'une telle envergure. Ils ne se découragèrent nullement, mais nourrissaient l'espoir qu'un malheureux ferait leur aubaine sans tarder. Et de fait, peu de jours après, ils tombèrent, à DunsHole, sur un sloop qui mouillait là. Evans, avec sa compagnie, monta hardiment à bord et annonça à l'équipage qu'il allait lui apprendre une nouvelle inattendue : il était capitaine de ce bâtiment! C'est ainsi qu'il en prit possession. Il commença par tout organiser à bord, et gagna un petit village de la côte afin d'y prendre, avec ses hommes, quelques rafraîchissements. La troupe passa le reste du jour en libations à la taverne, où furent dépensées trois pistoles, à la grande satisfaction du cabaretier, qui ne demandait qu'à revoir un équipage aussi gai et aussi libéral : pour son malheur, son vœu fut trop vite exaucé. La nuit même, sa maison était pillée, et les pirates en emportèrent ce qu'ils voulurent.

   Sa meilleur prise
   Le lendemain, ils mirent à la voile leur bâtiment monté de quatre pièces de canon, le nommèrent Scourer, et firent route vers Hispaniola, côte septentrionale, où ils prirent un sloop espagnol dont la charge était si considérable que chacun reçut en partage cent cinquante sterling pour le butin.

   Toujours à la recherche de gibier, ils remontaient vers les îles du Vent; peu après, le Scourer tombait sur un vaisseau de cent vingt tonneaux, le Dove, qui appartenait à la Nouvelle-Angleterre et que commandait le capitaine Diamond. Le navire fut pillé, mais fut autorisé à reprendre sa route : il ne lui en coûta que deux ou trois matelots et le maître. Les pillards se rendaient à l'une des îles pour ravitailler, et une fois arrivés, ils y séjournèrent quelque temps.

   Le 11 du mois de janvier 1723, ils rencontrèrent, à la hauteur de l'île de Deseada un bâtiment de deux cents tonneaux, le Lucretia-and-Catherina, que commandait le capitaine Mills. Les pirates, qui s'en étaient rendus maîtres, s'érigèrent, comme il arrive parfois, en redresseurs de torts, s'informant exactement auprès des matelots de la conduite de leur commandant. Mais Evans s'ennuyait de ces recherches; il se mit au pillage et réprimanda à ses compagnons :
      - Qu'avons-nous besoin de jouer ici les réformateurs, quand c'est de l'argent qu'il nous faut?
Et se tournant en même temps vers les prisonniers, il leur demanda si le capitaine leur donnait assez à manger. Et comme ils répondirent par l'affirmative :
      - Eh bien ! commenta-t-il, il devrait vous donner aussi assez à travailler.
   Après cette prise, ils firent route vers la petite île d'Avis, dans le dessein de s'y rafraîchir, et ils emmenèrent le Lucretia qui leur serait utile pendant qu'ils radouberaient leur propre sloop. A peine furent-ils en vue de cette île, qu'ils aperçurent un bâtiment auquel ils donnèrent la chasse jusqu'au soir, et qu'ils poursuivirent jusqu'à en être éloignés d'une portée de canon. Mais craignant de perdre de vue le Lucretia, qui n'était pas aussi bon voilier, Evans abandonna cette entreprise et dut jeter l'ancre à l'île de Ruby, car la poursuite l'avait conduit sous le vent d'Avis. Le lendemain, un sloop hollandais s'offrit à la vue des pirates; ils ne purent s'empêcher de l'attaquer, et quand ils s'en furent saisis et qu'ils en eurent partagé le butin, la prise leur rapporta la coquette somme de cinquante livres sterling par personne.

   Ce sloop hollandais faisait d'ailleurs bien mieux leur affaire que le Lucretia, car beaucoup moins haut au-dessus de l'eau, il était plus apte à être déhalé (déplacer un navire au moyen de ses amarres); le Lucretia fut donc déchargé et le hollandais gardé à sa place. Evans, qui craignait d'être découvert, fit voile vers les côtes de la Jamaïque, où il prit un vaisseau de sucre. De là, il courut vers l'île du Grand-Caïman, éloignée de trente lieues, afin d'y réparer. Mais un malheureux accident mit fin à des activités de piraterie qui lui avaient pourtant été si bénéfiques jusque-là.

   Evans tué lâchement !
   Le bosseman des pirates était un ours mal léché, auquel le capitaine Evans avait dû plus d'une fois chanter pouilles (rabâcher). Le bosseman, exaspéré par de continuels reproches, non seulement en remettait dans la grossièreté, mais défia son supérieur en un duel au sabre et au pistolet, comme c'est l'usage dans la corporation. A l'arrivée sur l'île du Grand-Caïman, le capitaine Evans lui rafraîchit la mémoire, et il le fallait, car le lâche avait changé d'idée, quoique l'initiative, en parole, fût venue de lui ; cette couardise lui valut le bâton. Humilié, et incapable d'en supporter tant, le bosseman sortit son pistolet, dont il tua Evans sur place, après quoi il se jeta à la mer, pensant se sauver à la nage. Il n'alla pas bien loin, car on le rattrapa immédiatement en chaloupe et on le ramena à bord.

   Le meurtre du capitaine Evans avait tellement animé toute la troupe contre le criminel qu'il fut décidé de lui infliger les plus cruels tourments ; mais pendant qu'il y avait délibération sur le genre de mort qu'il fallait lui infliger, le canonnier, transporté de fureur, le blessa mortellement d'un coup de pistolet qui lui traversa le corps. Ce misérable implora un délai de quelques jours pour se préparer à un sincère repentir; mais quelqu'un s'avança vers lui et déclara :
      - Repens-toi et va-t'en à tous les diables !
      Ce disant, il lui brûla la cervelle.

   Les pirates offrirent alors le commandement au patron du Lucretia, qu'ils avaient gardé parmi eux : c'était le seul qui entendît la navigation depuis la mort d'Evans. Il déclina un tel honneur; on eut beau le presser, il refusa avec la dernière énergie. La seule solution était de dissoudre la compagnie et de restituer le bateau à son patron. En conséquence, les pirates, une trentaine, se retirèrent dans l'île de Caïman, avec la somme de neuf mille livres environ. Quant au patron, le temps favorable l'aida à ramener à bon port le vaisseau, et c'est accompagné d'un seul mousse qu'il revint à son ancrage de la Jamaïque, à Port-Royal.



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