Les questions que tout le monde se pose à propos des pirates et corsaires - (image : Long John Silver dans L'île au Trésor - 1883)

Les questions que tout le monde se pose
à propos des pirates et corsaires

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7 Questions/Réponses trouvées avec le mot « monnaie »

Question de Philippe   - 14.08.2026

Donald Trump veut-il créer des corsaires numériques ?

R: Donald Trump et le retour des corsaires numériques dans le cyberespace Pas encore au sens juridique strict, mais la ressemblance avec les corsaires d'autrefois est saisissante !

Le 12 août 2026, Donald Trump a signé un mémorandum présidentiel créant un programme permettant à des entreprises privées américaines sélectionnées par l'État de participer à des opérations cyber offensives contre des organisations criminelles étrangères. Ces sociétés pourront, sous la direction et le contrôle du gouvernement fédéral, infiltrer des systèmes informatiques mais également les perturber, les dégrader, voire les détruire.

Plus étonnant encore : l'administration pourra imposer à chaque entreprise participante une caution d'au moins un million de dollars, susceptible d'être perdue si elle ne respecte pas les règles de sa mission. Un dispositif qui semble presque sorti d'un registre d'amirauté vieux de trois siècles !

Une lettre de marque... sans en porter le nom

Le mémorandum de Trump ne prononce pourtant jamais les mots « lettre de marque » et ne transforme donc pas juridiquement ces entreprises en corsaires.

Mais un autre texte va beaucoup, beaucoup plus loin.

Le sénateur Mike Lee
Le sénateur républicain Mike Lee propose de délivrer de véritables “lettres de marque” à des opérateurs privés du cyberespace.

Le 15 juillet 2026, le sénateur républicain Mike Lee a présenté au Congrès le très explicite Cyber Letters of Marque and Reprisal Act : littéralement, une loi sur les « lettres de marque et de représailles cyber ».

Le projet permettrait au président des États-Unis de délivrer une commission officielle à des personnes ou entreprises privées afin qu'elles mènent des opérations contre des cybermenaces étrangères désignées.

Mike Lee emploie lui-même une expression extraordinaire lorsqu'on connaît l'histoire maritime : « digital privateers », autrement dit des corsaires numériques. Il résume même son projet comme la possibilité pour des opérateurs privés d'attaquer les ennemis des États-Unis, de saisir leurs actifs et de partager une partie des gains avec l'État fédéral.

Le texte prévoit notamment :

  • la délivrance d'une véritable cyber letter of marque and reprisal
  • des opérations menées contre des cibles étrangères précisément désignées
  • la possibilité de saisir des actifs numériques, notamment des cryptomonnaies
  • le dépôt obligatoire d'une caution financière
  • la confiscation de cette caution si le titulaire dépasse les limites de sa mission
  • la tenue d'un registre des opérations et des biens saisis
  • et jusqu'à 15 % des actifs récupérés pouvant servir à financer un système de récompenses pour de futures opérations.

Le texte précise même que son système de rémunération est directement inspiré de la course historique en haute mer. Là, la comparaison avec les corsaires n'est donc plus inventée par les journalistes : elle est inscrite dans le projet de loi lui-même.

Des corsaires de Louis XIV aux hackers de Trump

Trois siècles plus tôt, le principe était remarquablement proche.

Contrairement aux pirates, qui agissaient pour leur propre compte et hors de toute autorité, les corsaires étaient des particuliers autorisés par leur souverain à attaquer les ennemis de l'État.

Une lettre de marque distinguait précisément le corsaire du pirate : elle définissait son autorité, ses ennemis et les règles qu'il devait respecter.

Le corsaire pouvait s'emparer d'un navire ennemi et de sa cargaison, mais la prise n'était pas censée devenir automatiquement son butin. Elle devait être soumise aux autorités compétentes avant que sa valeur puisse être répartie.

Et même la caution financière prévue aujourd'hui dans les projets américains possède un étonnant ancêtre historique : dans la guerre de course, l'armateur devait offrir des garanties à l'État et pouvait être tenu responsable des abus commis lors de ses opérations.

Autrement dit :

Hier : un navire privé + une lettre du roi + des cibles autorisées + une caution + des prises.

Aujourd'hui : une entreprise privée + une autorisation gouvernementale + des cybercibles définies + une caution +, dans le projet de Mike Lee, des actifs saisis.

Le parallèle est spectaculaire.

Jean Bart : le corsaire au service du Roi-Soleil

Le corsaire Jean Bart

Sous Louis XIV, la guerre de course devint une arme redoutable contre le commerce des puissances ennemies.

L'un de ses plus célèbres représentants fut Jean Bart (1650-1702). Parti de Dunkerque, il devint l'un des corsaires les plus redoutés de son temps avant d'intégrer la Marine royale. Le Musée national de la Marine lui attribue la capture de plus de 200 navires pour le roi de France.

Jean Bart ne disposait évidemment pas d'une liberté absolue pour attaquer qui bon lui semblait : sa légitimité venait précisément de l'autorisation de l'État.

C'est ce qui rend le rapprochement avec les « corsaires numériques » particulièrement intéressant : le pouvoir public utilise les moyens, l'audace et les compétences d'acteurs privés pour frapper des adversaires qu'il a lui-même désignés.

Pour retrouver les grands noms de cette époque, voir également la liste des corsaires durant l'âge d'or.

Duguay-Trouin : quand un corsaire attaque Rio

LE corsaire René Duguay-Trouin

L'exemple de René Duguay-Trouin (1673-1736) est encore plus spectaculaire.

Ce célèbre corsaire de Saint-Malo participa aux guerres de Louis XIV et s'attaqua notamment aux puissances maritimes ennemies de la France.

En 1711, il mena l'une des opérations corsaires les plus extraordinaires de l'époque : l'expédition contre Rio de Janeiro, alors possession portugaise. Il partit à la tête d'une flotte de 17 navires et environ 5 000 hommes, força l'entrée de la baie, s'empara de la ville et obtint un immense butin ainsi qu'une rançon.

Duguay-Trouin illustre parfaitement ce que pouvait apporter un corsaire à un État : une force privée ou semi-privée extrêmement audacieuse, capable de frapper très loin et de porter un coup économique considérable à l'adversaire.

Le cyberespace remplace aujourd'hui l'Atlantique, les réseaux informatiques remplacent les routes commerciales, et les cryptomonnaies peuvent remplacer l'or des cargaisons... mais le principe imaginé par Mike Lee est étrangement familier.

Une idée vieille de plus de deux siècles aux États-Unis

Il existe une raison juridique assez extraordinaire pour laquelle cette vieille pratique peut réapparaître aux États-Unis : les lettres de marque figurent toujours dans la Constitution américaine.

La constitution américaine
La Constitution américaine autorise toujours le Congrès à accorder des “Letters of Marque and Reprisal”.

L'article I, section 8 donne au Congrès le pouvoir de déclarer la guerre, mais également celui d'accorder des « Letters of Marque and Reprisal » et d'établir les règles concernant les captures sur terre et sur mer.

Cette disposition remonte à une époque où les jeunes États-Unis utilisaient eux-mêmes des navires privés pour compléter une marine encore limitée.

Mike Lee ne tente donc pas de créer de toutes pièces un concept juridique futuriste : il veut adapter à Internet l'une des plus anciennes armes prévues par la Constitution américaine.


Mais les hackers de Trump sont-ils vraiment des corsaires ?

Pas encore.

La distinction est importante.

Le programme signé par Donald Trump le 12 août concerne des entreprises américaines sélectionnées et contrôlées par l'administration. Chaque opération doit recevoir une autorisation écrite et les sociétés doivent rester sous la supervision du gouvernement fédéral. Le mémorandum vise des organisations criminelles transnationales étrangères, et non une autorisation générale permettant à des entreprises d'attaquer librement les États ennemis des États-Unis.

Ces entreprises ressemblent donc davantage, juridiquement, à des prestataires agissant pour l'État qu'aux corsaires indépendants de Jean Bart ou Duguay-Trouin.

Lettre de marque de 1776
Lettre de marque datant de 1776 destinées aux commandants de navires privés munis de commissions ou de lettres de marque.

En revanche, si le Cyber Letters of Marque and Reprisal Act de Mike Lee était adopté, la comparaison deviendrait infiniment plus forte : le texte créerait réellement une commission appelée lettre de marque, donnée à des acteurs privés, avec des cibles désignées, une caution, des opérations offensives et la possibilité de récupérer des actifs.

Le Financial Times ne s'y est d'ailleurs pas trompé : au lendemain du mémorandum de Trump, le journal a présenté cette politique comme une poussée américaine vers le « cyber privateering », la guerre de course numérique.


Trump ressuscite-t-il les corsaires ?

Il n'a pas encore ressuscité juridiquement les corsaires, mais il vient incontestablement d'ouvrir une porte qui semblait fermée depuis plus d'un siècle.

Le mémorandum du 12 août 2026 confie désormais à des entreprises privées une capacité offensive informatique exercée sous contrôle gouvernemental.

Et parallèlement, des élus américains veulent aller encore plus loin en ressortant des profondeurs de l'histoire les véritables lettres de marque.

Le plus extraordinaire est peut-être là : trois siècles après Jean Bart et Duguay-Trouin, l'idée qu'un État puisse confier à des acteurs privés le droit de frapper ses adversaires revient au cœur de l'actualité internationale.

Les frégates ont disparu, les sabres et les canons aussi.

Mais le corsaire pourrait bien avoir trouvé un nouvel océan : Internet.

En une phrase !

Donald Trump n'a pas encore créé juridiquement des corsaires numériques, mais son programme du 12 août 2026 et le projet américain de véritables « cyber lettres de marque » font renaître de manière spectaculaire certains principes de la guerre de course de Jean Bart et Duguay-Trouin, transposés des océans au cyberespace.


@ Sources :
*1 : White House — Expanding Capabilities to Combat Transnational Cyber-Enabled Crime, 12 août 2026.
*2 : Sénateur Mike Lee — Cyber Letters of Marque and Reprisal Act, 15 juillet 2026.
*3 : National Archives — Constitution des États-Unis, article I, section 8.
*4 : Musée national de la Marine — Jean Bart.
*5 : Bibliothèque nationale de France — Corsaires du Roi : Poussières d'empire et ruée vers l'or, Duguay-Trouin et Rio de Janeiro.
*6 : Presses universitaires de Rennes — travaux historiques sur la guerre de course et sa législation.



Question de Éclipse   - Mis à jour le 02.03.2024 | Publié le 03.04.2020

Je souhaiterais savoir quand les pirates ont commencé à utiliser des pistolets ? Merci beaucoup pour votre réponse

Utilisation des pistolets chez les pirates

R: C'est tout simple, dès que les pistolets ont vu le jour et que le commerce d'armes entre différents pays a commencé via les grandes routes maritimes, les pirates ont pu s'en procurer pour les utiliser lors de leur rapines et leurs abordages.

Les premiers pistolets sont apparus depuis l'aube des armes à feu, vers 1450. Ils n'étaient rien d'autre qu'un mousquet de petit calibre, très court afin de tirer à bras tendu. Ils étaient dotés d'un canon unique, avec mise à feu par mèche (le rouet et le silex vinrent plus tard).
La poignée était dotée d'une très lourde calotte de crosse, afin de s'en servir comme massue si le pirate qui l'utilisait n'avait pas le temps de le recharger lors d'un combat. Le processus de chargement était long !

Le terme pistolet provient selon certains de son lieu de conception à Pistoia en Italie, et pour d'autres parce que le canon avait le diamètre exact de la pistole, qui est une monnaie.

Il est vrai qu'on voit très souvent le pistolet à silex dans les films de pirates, simplement car on affiche les pirates durant l'âge d'or de la piraterie, durant les années 1660 à 1726.



Question de loilmpoiuy   - Mis à jour le 17.02.2024 | Publié le 19.11.2012

Quel objet était placé sous le grand-mât à la construction d'un navire ?

Pièce d'or sous le mât du navire

R: La tradition maritime de placer un objet précieux sous le grand-mât lors de la construction d'un navire est imprégnée d'une histoire riche et de superstitions. Ce rituel, qui consiste souvent à déposer une pièce d'or sous le mât, est bien plus qu'une simple coutume : il symbolise un vœu ardent de protection, de prospérité et de bonne fortune pour le navire et son équipage au cours de leurs voyages périlleux.
Cette pratique, ancrée dans l'antiquité, reflète la compréhension profonde et le respect immuable des marins pour les forces souvent imprévisibles de la nature et leur désir fervent de s'attirer les faveurs divines ou spirituelles.

L'origine de cette tradition séculaire remonte au moins au 1er siècle avant notre ère, témoignant de sa longévité impressionnante et de son importance capitale à travers les âges. Elle s'inscrit dans une série de rituels et de croyances entourant la construction et le lancement de navires, soulignant l'interconnexion sacrée entre les hommes et la mer.
Les pièces de monnaie, en particulier, sont choisies pour leur valeur intrinsèque et leur symbolisme puissant. L'or, métal précieux et incorruptible, est souvent privilégié pour ses connotations de pureté, d'éternité et de protection contre le mal.

En plaçant ces pièces sous le grand-mât, point central et vital du navire, on croit non seulement à apporter une protection divine ou magique contre les tempêtes, les naufrages et les maladies, mais aussi à garantir la bonne fortune dans les captures et les voyages commerciaux. Cette pièce servirait également de paiement symbolique à Charon, le passeur légendaire des âmes vers l'au-delà dans la mythologie grecque, assurant ainsi que les marins décédés durant leur voyage puissent trouver le repos éternel.

Au-delà de son aspect superstitieux, cette pratique témoigne de la dimension humaine et spirituelle profondément enracinée de la navigation. Elle illustre le lien indissoluble et sacré entre les marins et leur navire, perçu comme un être vivant, protecteur et compagnon de voyage. La cérémonie de placement de la pièce est souvent un moment de rassemblement pour l'équipage et les constructeurs, marquant le début d'une aventure commune et renforçant les liens de camaraderie et de confiance mutuelle.

Dans certains cas, cette coutume est adaptée ou enrichie selon les cultures maritimes, les époques et les préférences individuelles, mais l'essence reste la même : un geste d'espoir et de foi inébranlable en l'avenir, un pacte silencieux avec les forces majestueuses de l'univers pour la sauvegarde et la prospérité de tous ceux qui mettent leur vie entre les mains de la mer.



Question de laurette-73   - 06.09.2008

Bonjour pour l'école on me demande de faire un exposé sur les loisirs des pirates. Que faisaient-ils ? merci beaucoup pour la reponse et bravo pour le site.

R: Le code des pirates était très strict en mer : les jeux et les femmes étaient interdits à bord.
Les pirates avaient donc pour loisir de boire, écouter de la musique et fredonner des chansons de marins, mais ne devaient surtout pas siffler car cela faisait lever des vents incontrôlables et attirait le diable !

Une fois à terre, les pirates cherchaient à oublier l'ennui et les dangers de la vie en mer.
Ils aimaient boire et manger en quantité excessive, et s'amuser avec les femmes légères.
Il jouaient aux jeux de hasard avec les dés et les cartes uniquement à terre car cela leur était interdit en pleine mer, le jeu provoquant des bagarres.
Les jeux de cartes étaient très appréciés tels que le « Noddy » ou le « All-Fours ».
Il leur arrivait de perdre plusieurs centaines de réaux en une seule nuit, sachant qu'une vache coûtait un quart de réal, c'est l'équivalent d'une gigantesque ferme qu'un pirate perdait.
La vie en mer étant brutale et très courte, les pirates jugeaient inutile d'économiser pour leurs vieux jours.

Bien sûr, à terre, ils avaient du travail à réaliser tel que caréner le navire (remettre le bateau en état) et le réapprovisionner pour le prochain voyage.
Les pirates ne pouvaient pas s'arrêter à n'importe quel port, ils ne pouvaient entrer que dans ceux leur offrant refuge comme Port Royal (Jamaïque), Nassau sur l'île de New Providence (Bahamas), l'île de la Tortue, et quelques autres endroits mal famés...


Question de yo ho a pirate's life for me !!!!   - Mis à jour le 01.07.2020 | Publié le 13.06.2007

A quoi correspondait exactement les pièces de huit ?

Pièces de huit espagnolsR: Les pièces de huit étaient frappées par les Espagnols à partir de l'argent provenant du Nouveau Monde (les amériques).

Elles étaient souvent découpées en morceaux afin de servir de petite monnaie car leur valeur était calculée en fonction de leur poids en métal précieux.

La pièce de huit voyageait beaucoup dans les coffres des navires espagnols durant plusieurs centaines d'années, et devint le butin courant des pirates.

Une pièce de huit valait 8 réaux d'argent (8 fois 1 réal).

Voir ici toutes les équivalences de monnaie de la pièce de huit.


Question de Tite-cat   - Mis à jour le 16.11.2020 | Publié le 19.08.2006

Je voudrais savoir ce que vous savez sur les monnaies utilisées par les pirates (fin 17ème, début 18ème) ? Quelles sont leurs équivalences entre-elles ?

Pièces de huitR: Voici le cours de monnaie des XVIIè et XVIIIè siècles dans différents pays.
Je met la pièce de huit à chaque proportion car c'était la monnaie la plus utilisée dans le monde par les commerçants et c'est la pièce qui a connu le plus grand nombre de frappe.

(Attention : au cours des années, certaines pièces ont changé leur proportion de valeur, j'essaierai de retrouver les dates pour y trouver les bonnes proportions)

France

   1 Louis d'or = 2 Pistoles = 12 Pièces de huit
   1 Pistole = 4 Ecus d'argent = 6 Pièces de huit
   1 Ecu d'argent = 3 Livres tournois = 1,5 Pièces de huit
   1 Livre tournois = 20 Sols = 0,5 Pièce de huit
   1 Sol = 12 Deniers = 0,025 Pièce de huit
   1 Denier = 0,002 Pièce de huit

Angleterre

   1 Guinée = 1 Livre Sterling = 20 Shillings = 3 Pièces de huit
   1 Shilling = 12 Deniers = 0,15 Pièce de huit
   1 Denier = 0,01 Pièce de huit


Espagne

   1 Doublon = 2 Pièces de huit
   8 Réaux = 1 Pièce de huit
   1 Réal = 0,125 Pièce de huit

Hollande

   1 Florin = 1 Pièce de huit

Portugal

   1 Crusade = 1 Pièce de huit
   1 Moïdore = 400 Cruzades = 600 Pièces de huit

La Pièce de huit est une pièce d'argent Espagnol ayant cours au XVIIe s dans les Indes Occidentales.
Elle a été utilisé pendant une centaine d'années. Elle contient 90% Ag et 10% Cu.


Question de Alavida la terrible   - Mis à jour le 07.11.2023 | Publié le 07.08.2006

J'aimerais trouver dans le commerce un exemplaire du code des pirates mais mes recherches sont vaines...

R: Le contrat qui réglemente la vie de groupe des pirates appelé «chasse-partie» est généralement mélangé dans les histoires ou biographies des livres et ne porte pas de chapitre particulier qui leur est dédié.

Mais je vous en donne la définition :
Sur un navire, toutes les décisions sur la destination, l'objet de l'expédition et les prises, étaient collectives. Quelques jours avant le départ, l'équipage et le capitaine concluaient un contrat chasse-partie (corruption du terme charte-partie), prévoyant les éléments suivantes :

  • la mise de fonds,
  • les frais généraux,
  • la répartition des bénéfices,
  • des indemnités,
  • les punitions en cas de manquement à la discipline,
...tout en mettant l'accent sur des valeurs privilégiées par la société pirate : l'égalité, le mérite, le courage et le libre consentement.

La charte était signée en jurant sur la bible ou sur une hache. Cette charte faisait intervenir les principes de l'élection, les primes de rendement, etc, et les indemnités pour accident du travail (une sorte de sécurité sociale !).

Le contrat de chasse-partie ou code des pirates

Voici un extrait de la chasse-partie conclue entre Bartholomew Roberts et son équipage :

  • I. Chaque pirate pourra donner sa voix dans les affaires d'importance et aura un pouvoir de se servir quand il voudra des provisions et des liqueurs fortes nouvellement prises, à moins que la disette n'oblige le public d'en disposer autrement, la décision étant prise par vote.
  • II. Les pirates iront tour à tour, suivant la liste qui en sera faite, à bord des prises et recevront pour récompense, outre leur portion ordinaire de butin : une chemise de toile. Mais, s'ils cherchent à dérober à la compagnie de argenterie, des bijoux ou de d'argent d'une valeur d'un dollar, ils Seront abandonnés sur une île déserte. Si un homme en vole un autre, on lui coupera le nez et les oreilles et on le déposera à terre en quelque endroit inhabité et désert.
  • III. Il est interdit de jouer de d'argent aux dés ou aux cartes.
  • IV. Les lumières et les chandelles doivent être éteintes à huit heures du soir. Ceux qui veulent boire, passé cette heure, doivent rester sur le pont sans lumière.
  • V. Les hommes doivent avoir leur fusil, leur sabre et leurs pistolets toujours propres et en état de marche.
  • VI. La présence de jeunes garçons ou de femmes est interdite. Celui que 1'on trouvera en train de séduire une personne de l'autre sexe et de la faire naviguer déguisée sera puni de mort.
  • VlI. Quiconque déserterait le navire ou son poste d'équipage pendant un combat serait puni de mort ou abandonné sur une île déserte.
  • VIII. Personne ne doit frapper quelqu'un d'autre à bord du navire ; les querelles seront vidées à terre de la manière qui suit, à l'épée ou au pistolet. Les hommes étant préalablement placés dos à dos feront volte-face au commandement du quartier-maître et feront feu aussitôt. si l'un d'eux ne tire pas, le quartier-maître fera tomber son arme. Si tous deux manquent leur cible, ils prendront leur sabre et celui qui fait couler le sang le premier sera déclaré vainqueur.
  • IX. Nul ne parlera de changer de vie avant que la part de chacun ait atteint 1000 livres. Celui qui devient infirme ou perd un membre en service recevra 800 pièces de huit sur la caisse commune et, en cas de blessure moins grave, touchera une somme proportionnelle.
  • X. Le capitaine et le quartier-maître recevront chacun deux parts de butin, le canonnier et le maître d'équipage, une part et demie, les autres officiers une part et un quart, les flibustiers une part chacun.
  • XI. Les musiciens auront le droit de se reposer le jour du sabbat. Les autres jours de repos ne leur seront accordés que par faveur.

Voici le barème établit en cas de mutilation dans les Caraïbes au XVIIè siècle :
Perte des 2 yeux = 2000 piastres ou 20 esclaves
Perte des 2 jambes = 1500 piastres ou 15 esclaves
Perte du bras droit = 600 piastres ou 6 esclaves
Perte du bras gauche = 500 piastres ou 5 esclaves
Perte d'un oeil = 100 piastres
Perte d'un doigt = 100 piastres
1 piastre (monnaie espagnole) = 8 reaux = 1 pièce de huit.