MARY READ
De l'habit de soldat au banc des accusés
| Nom | Mary Read, parfois écrit Mary Reade, Marie Read dans certains ouvrages français. |
| Sobriquets | Elle aurait eu pour sobriquet « Bloody Mary » et a également utilisé un nom masculin « Willy Read ». |
| Origine | Plymouth en Angleterre, aux alentours de 1685 - Morte à Port Royal en Jamaïque en 1721 - inhumée le 28 avril 1721 dans la paroisse de Sainte-Catherine. Née il y a environ ~341 ans, morte il y a environ 305 ans |
| Parents | Noms inconnus. Le récit de sa mère qui l'élève comme un garçon provient du capitaine Charles Johnson, publié en 1724. |
| Statut | Selon Johnson, veuve d'un soldat flamand, puis liée à un homme rencontré parmi les prisonniers des pirates. Elle se déclare enceinte devant le tribunal en novembre 1720. |
| Coup d'éclat | Sa participation armée aux attaques de l'équipage de Jack Rackham est décrite par les témoins de son procès. Le fameux duel livré pour sauver son amant appartient au récit de Johnson. Il n'est malheureusement pas confirmé par le procès conservé. |
| Navires | Le William, sloop dérobé à Nassau en août 1720, nommé dans la proclamation du gouverneur Woodes Rogers. |
| Fréquentations | Anne Bonny, John Rackham dit Calico Jack |
| Fin de carrière | Capturée en octobre 1720, jugée le 28 novembre 1720 à Spanish Town et condamnée à mort pour piraterie. Son exécution est suspendue après sa déclaration de grossesse. Elle meurt en prison quelques mois plus tard, en ayant évité la pendaison. |
Mary Read, la femme pirate que les témoins n'ont pas oubliée
Un pantalon long, une veste d'homme, un foulard noué sur la tête et des armes dans les mains. Voilà comment une victime décrit Mary Read et Anne Bonny devant la justice jamaïcaine, en novembre 1720.La femme qui témoigne ne raconte pas une aventure entendue dans une taverne : elle se trouvait dans un canot que les pirates ont dépouillé. Elle les a vues. Et elle les a entendues demander qu'on la tue pour l'empêcher de venir témoigner !
Trois siècles plus tard, Mary Read est devenue l'une des figures les plus connues de l'âge d'or de la piraterie. Une femme qui aurait servi dans l'armée, tenu une auberge, traversé l'Atlantique et tiré sur les hommes de son propre équipage. Quelle vie ! Mais tout n'a pas la même solidité. Sa présence parmi les pirates de Rackham dit «Calico Jack» et sa condamnation sont documentées.
Pour sa jeunesse, ses amours et ses exploits les plus spectaculaires, nous dépendons surtout d'un livre publié en 1724 sous le nom du capitaine Charles Johnson (qui n'est autre que Daniel Defoe). Il faut donc garder un oeil sur les archives, même lorsque le récit nous emporte.
Une petite fille cachée sous les vêtements de son frère
Selon Johnson, l'histoire commence en Angleterre, dans une famille qui manque bientôt d'argent. La mère de Mary a épousé un marin. Il part en mer, lui laisse un fils et ne revient plus. Elle tombe ensuite enceinte d'un autre homme et s'éloigne pour dissimuler cette grossesse. Le petit garçon meurt ; une fille naît. C'est Mary.
Quelques années plus tard, les économies s'épuisent et la mère retourne chercher de l'aide auprès de sa belle-mère. Il lui vient alors une idée : présenter Mary comme le petit-fils que la vieille dame croit encore vivant.
La supercherie fonctionne, raconte Johnson. La grand-mère verse une couronne par semaine pour entretenir l'enfant. Mary grandit donc avec les vêtements et l'apparence d'un garçon ; lorsqu'elle est assez grande pour comprendre, sa mère lui explique le secret.
À la mort de la vieille dame, la pension disparaît. Il faut travailler. Vers treize ans, Mary serait placée comme jeune domestique chez une Française. Elle n'y reste guère : la mer l'attire, puis ce sont les Flandres et la vie de soldat.
Ce début d'existence a nourri des générations de romans. Aucun document indépendant consulté pour cette biographie ne permet pourtant d'en confirmer chaque étape.
Soldat, amoureuse et aubergiste : le détour par les Flandres
Mary Read sert sur un bâtiment de guerre, puis dans l'infanterie, avant de passer à la cavalerie. Toujours sous une apparence masculine. Elle se montre courageuse au combat, mais sa carrière n'avance pas comme elle le voudrait.
Puis Mary s'attache à un compagnon d'armes flamand. L'homme découvre qu'elle est une femme et finit par l'épouser. L'histoire de ces deux soldats qui se marient aurait attiré la curiosité des officiers, au point que plusieurs d'entre eux offrent de quoi aider le couple à s'installer.
Mary dépose alors les armes. Les époux ouvrent une auberge près du château de Breda (gravure ci-dessus), à l'enseigne des Trois Fers à cheval. On imagine volontiers l'ancienne cavalière servant à boire à ses camarades ! Johnson assure que les officiers fréquentent leur établissement. Mais le mari meurt et, avec la paix, les clients militaires se font moins nombreux. L'auberge périclite...
Mary reprend des habits d'homme, retourne quelque temps sous les drapeaux, puis embarque pour les Antilles. L'auteur ne donne pas de quoi vérifier le nom de son époux ni une chronologie sûre de ces années.
Cap sur les Antilles… et rencontre avec les pirates
La traversée décrite par Johnson tourne court : des pirates anglais s'emparent du navire. Mary, présentée comme la seule personne anglaise du bord, reste avec eux.
Elle aurait ensuite bénéficié d'un pardon royal, vécu un temps à terre, puis rejoint une expédition corsaire organisée sous l'autorité de Woodes Rogers. Des hommes se mutinent et reprennent la piraterie ; Mary est du nombre. Ce parcours est celui du livre de 1724. Les circonstances exactes de son entrée dans l'équipage de Rackham restent difficiles à reconstituer.
En revanche, un document nous ramène fermement à Nassau, sur l'île de New Providence. Le 5 septembre 1720, le gouverneur Woodes Rogers publie une proclamation : John Rackham, plusieurs compagnons et deux femmes, Anne Bonny et Mary Read, sont accusés d'avoir emporté Le William hors du port le 22 août. Le petit sloop appartient au capitaine John Ham. Rogers les déclare pirates et ennemis de la Couronne. Les noms des deux femmes figurent déjà dans l'avis de recherche, plusieurs semaines avant leur arrestation. Leur existence n'a donc pas été révélée soudainement au pied du gibet !
Anne Bonny et Mary Read : un secret qui n'en était pas toujours un
À bord, Mary côtoie Anne Bonny, la compagne de Rackham. Johnson raconte une rencontre pleine de quiproquos : Anne prend Mary pour un jeune homme et s'intéresse à elle ; Mary finit par lui révéler qu'elle est une femme. Leur proximité rend Rackham jaloux, jusqu'à ce qu'on lui explique à son tour la situation.
Les romanciers ont trouvé là de quoi remplir bien des chapitres. Une relation amoureuse entre les deux femmes reste possible, mais les sources conservées ne permettent pas de l'affirmer. Les dialogues intimes qu'on leur prête sont des reconstitutions.
Le procès réserve un détail moins connu, et bien plus solide. Deux témoins français, John Besneck et Peter Cornelian, expliquent qu'Anne et Mary portent des vêtements d'homme lorsqu'un bâtiment apparaît, pendant la poursuite et lors des attaques. À d'autres moments, ils les voient en vêtements de femme. Leur apparence change donc selon les circonstances.
Cela contredit l'image de deux femmes pirates obligées de dissimuler constamment leur identité à tout l'équipage. Les témoins ajoutent qu'elles sont actives à bord et qu'elles ne paraissent pas retenues de force.
Du tabac, des provisions… et une victime qu'on veut faire taire
Les prises de Rackham racontées au tribunal sont bien éloignées des trésors fabuleux associés à La Buse. Thomas Spenlow, maître d'une goélette, déclare avoir été attaqué vers le 19 octobre 1720. Les pirates lui prennent cinquante rouleaux de tabac et neuf sacs de piment de la Jamaïque. Ils le retiennent environ quarante-huit heures, puis le laissent repartir avec son bâtiment. À côté des navires de commerce, ils s'en prennent aussi à de petites embarcations chargées de vivres. Tout ce qui peut se vendre ou nourrir l'équipage les intéresse.
Dorothy Thomas en fait les frais. Son canot est pillé au nord de la Jamaïque. Elle reconnaît ensuite Anne et Mary, décrit leurs vêtements, leurs armes et les menaces proférées contre elle. Son témoignage ne dit pas qu'elles l'ont tuée - elle est bien là pour raconter l'attaque - mais qu'elles ont demandé aux hommes de le faire.
Voilà un épisode réellement consigné, qui donne de Mary un portrait autrement plus inquiétant que celui d'une simple aventurière embarquée malgré elle. Le courage et la brutalité pouvaient très bien voyager sur le même pont.
Un duel deux heures avant l'autre : la plus célèbre histoire de Mary
Parmi les prisonniers des pirates, Mary aurait rencontré un homme dont elle s'éprend. Un jour, celui-ci se querelle avec un membre de l'équipage : les deux hommes doivent se battre à terre.
Mary redoute de perdre son compagnon. Elle provoque alors elle-même son adversaire et lui fixe rendez-vous deux heures avant le duel prévu. Sabre et pistolet en main, elle le tue et épargne ainsi à l'homme qu'elle aime un combat qui aurait pu lui coûter la vie. C'est l'un des passages les plus saisissants du récit de Johnson.
Il faut cependant le lire pour ce qu'il est : une histoire publiée en 1724, sans confirmation dans le compte rendu du procès.
Johnson ne nomme pas les deux hommes. Il ne raconte pas non plus la spectaculaire scène où Mary découvrirait sa poitrine pour distraire son adversaire avant de le frapper, ajoutée dans des versions ultérieures.
L'anecdote a beaucoup grandi au fil des livres et des images.
Son succès est certain mais son déroulement exact ne l'est pas.
Octobre 1720 : Barnet les rattrape dans la nuit
La fin de la campagne est connue par le témoignage de James Spatchears. Les capitaines Bonnevie et Jonathan Barnet naviguent vers la pointe de Negril, à l'ouest de la Jamaïque. Un sloop suspect est aperçu près de la côte. Barnet le poursuit et le rejoint vers dix heures du soir. Dans l'obscurité, une voix répond que c'est John Rackham, venant de Cuba. Barnet lui ordonne de se rendre. Le bateau pirate refuse et ouvre le feu avec ce que le témoin croit être un petit canon sur pivot. La réponse est immédiate : une bordée et une décharge d'armes légères. La bôme du sloop est emportée ; les pirates demandent quartier.
Johnson donne de cette dernière résistance une version devenue fameuse. Anne, Mary et un autre homme seraient restés sur le pont, tandis que les autres se réfugient en dessous. Mary les appelle à se battre, puis tire dans la cale, tuant un homme et en blessant d'autres. Le compte rendu imprimé du procès ne confirme pas cette scène. Il ne faut donc pas la présenter comme une déposition qu'on pourrait y lire. Ce qui est établi, c'est la capture de l'équipage, à l'issue d'un engagement nocturne, puis son transfert aux autorités jamaïcaines.
Condamnée à la potence… mais l'exécution attendra
Le 28 novembre 1720, Mary Read et Anne Bonny comparaissent ensemble à St Jago de la Vega, aujourd'hui Spanish Town.
Elles plaident non coupables. Les témoins se succèdent : Dorothy Thomas, Thomas Spenlow, les deux Français Besneck et Cornelian, puis Thomas Dillon.
Un interprète est assermenté pour traduire les déclarations françaises. Le tribunal demande aux accusées si elles ont des témoins à faire entendre ou des questions à poser à ceux qui les accusent. Elles répondent qu'elles n'en ont pas. La cour les déclare coupables et prononce la mort par pendaison.
C'est après la sentence que les deux femmes annoncent qu'elles sont enceintes et demandent un sursis. La cour suspend l'exécution et ordonne un examen. Le document conservé s'arrête là sur ce point : il ne donne pas le résultat de cet examen. On ne peut donc pas en tirer le récit d'une ruse démontrée, ni affirmer que les deux femmes ont simplement menti pour tromper les juges. Ce sursis ne les innocente pas. Elles restent condamnées et emprisonnées. Pour Mary, la potence n'aura pourtant pas le dernier mot.
Une ligne dans un registre : « Mary Read, pirate »
Mary meurt en prison en 1721 d'une violente fièvre. Le registre des sépultures de la paroisse de Sainte-Catherine porte son nom au 28 avril 1721, accompagné du mot « pirate ».
Cette date est celle de son inhumation. La cause précise du décès et le sort d'un éventuel enfant restent inconnus. Fièvre jaune, typhus, complications de l'accouchement : aucune de ces explications ne peut être retenue avec certitude.
Anne Bonny disparaît ensuite de notre champ de vision documentaire, tandis que Mary laisse cette courte mention dans un registre.
Leur histoire, elle, ne s'arrête pas. Dès 1724, leurs deux noms figurent sur la page de titre de l'Histoire générale des pirates. Le livre les annonce au lecteur avant même qu'il ait ouvert les chapitres. Mary n'a laissé ni mémoires ni récit personnel connu : d'autres vont raconter sa vie, l'illustrer, et bientôt lui prêter des aventures qu'elle n'a peut-être jamais vécues.
L'héritage de Mary Read : 3 siècles d'aventures après sa mort
Soldat sous une identité masculine, pirate aux côtés d'Anne Bonny, condamnée qui échappe au gibet : la matière était trop belle pour rester dans les archives. Les auteurs ont conservé certains épisodes, déplacé les dates, inventé des amours et changé les noms. Mary Read est ainsi passée du récit historique au roman d'aventures, puis au cinéma, à la bande dessinée et aux jeux.
Ces œuvres racontent surtout la fortune de son personnage mais ne constituent pas des preuves de sa vie réelle.
Des livres qui lui refont une vie
« Lady Pirate », par Mireille Calmel, en 2005. Les deux volumes, Les Valets du roi et La Parade des ombres, font de Mary l'héroïne d'une vaste aventure de passions, d'intrigues et de vengeance. L'autrice reprend sa légende avec toute la liberté du roman. Un bon exemple de la distance qui peut séparer une Mary romanesque de celle des archives.
« Femmes pirates : Anne Bonny et Mary Read » Libertalia, 2015. Cette édition bilingue reprend les récits anciens, avec une traduction de Philippe Mortimer et des illustrations de Tanxxx. Elle permet de revenir au texte qui a tant nourri leur légende. Le livre est commercialisé sous le nom de Daniel Defoe ; l'attribution de l'Histoire générale à Defoe demeure toutefois discutée.
Les bandes dessinées reprennent l'abordage
« Mary Read et Ann Bonny - Le Revenge », par Lou Dvina, On ne compte pas pour du beurre, 2024. Ce roman graphique choisit une lecture amoureuse et queer du duo. L'éditeur revendique cette réappropriation de l'histoire : il s'agit d'une interprétation artistique de leur relation.
« Deux Femmes », Arnaud Le Gouëfflec et Laurent Richard, Glénat, 2025. L'album rapproche les parcours d'Anne et de Mary jusqu'à leur rencontre chez Rackham. Il développe leurs vies sous l'angle de la violence, de la liberté et de la résilience
« Ann Bonny, la Louve des Caraïbes », Franck Bonnet, Glénat. Mary occupe une place dans le deuxième tome, paru en 2026, où le récit met en scène sa relation avec Anne sous le regard de Rackham. Là encore, la liaison appartient au choix narratif de l'auteur.
« Mary Read », Corbeyran et Jean-Marc Krings, Éditions de la Belle Étoile. Une autre adaptation est consacrée directement à Mary. Le site du scénariste présente une série prévue en deux tomes et référence un premier volume en 2026. [11] D'autres aventures maritimes sont à découvrir dans notre sélection de pirates en bande dessinée.
Une pirate au cinéma et à la télévision
« Mary la rousse, femme pirate (Le avventure di Mary Read) », Umberto Lenzi, 1961. Lisa Gastoni prête ses traits à Mary dans ce film d'aventures franco-italien. Déguisements, évasion et embarquement se succèdent dans une histoire très librement inspirée de la pirate. Son titre ne prouve évidemment pas que la véritable Mary était rousse !
« Détective Conan : Jolly Roger et le Cercueil bleu azur », 2007. Ce film d'animation fait d'Anne Bonny et de Mary Read les figures d'une légende de trésor caché. Leur souvenir sert de point de départ à une enquête de Conan. Le trésor du film est un ressort de fiction.
« Black Sails », dernier épisode, 2017. Mary apparaît brièvement sous le nom de Mark Read, interprétée par Cara Roberts. Ce clin d'œil clôt la série en ouvrant sur un autre pan de la légende pirate. Son rôle y est bien plus discret que celui d'Anne Bonny. [14] Retrouvez notre sélection de séries télévisées sur les pirates.
Mary Read devient James Kidd dans les jeux vidéo
« Assassin's Creed IV: Black Flag », Ubisoft, 2013. Mary est l'une des rencontres marquantes d'Edward Kenway. Elle apparaît d'abord comme James Kidd, prétendu fils du capitaine William Kidd. Le scénariste Darby McDevitt explique que cette identité a été inventée pour le jeu : elle ne doit pas être reprise comme un pseudonyme historique. L'appartenance de Mary à la confrérie des Assassins relève également de cet univers fictif.
« Fate/Grand Order », Anne Bonny et Mary Read y forment un duo de personnages invocables, notamment dans les classes Rider et Archer. La série japonaise transforme librement les figures historiques en héroïnes fantastiques. La présence du duo est confirmée dans les publications officielles du jeu. [16] Voir aussi notre dossier sur les jeux vidéo de pirates.
Des Caraïbes à la table de jeu
« Jamaïca ». Mary Read est l'un des personnages de ce jeu de course et de cargaisons autour de la Jamaïque, aux côtés notamment d'Anne Bonny et de Rackham. Les notices lui consacrent une petite biographie. L'occasion de la retrouver dans une aventure familiale où le butin compte autant que la progression du bateau. Les dates des notices ludiques ne doivent toutefois pas remplacer celles des documents historiques.
« Terre Pirates ». La campagne de financement du jeu proposait un personnage de Mary Read, ainsi que François l'Olonnais. Elle rejoint ici les capitaines et aventuriers que l'on peut faire entrer dans une partie. Cette référence atteste sa présence dans le projet et ses offres de campagne, sans présumer de la disponibilité actuelle de chaque édition.
Sur les planches, les deux femmes prennent la parole
« PiratEs ». Ce spectacle, référencé par la Chambre des Théâtres pour l'Enfance et la Jeunesse en Belgique, met en scène Anne Bonny et Mary Read et leur volonté de sortir du rôle que la société leur assigne. Le théâtre s'empare, lui aussi, des silences de leur histoire.
Ce que l'on sait, et ce que la légende a ajouté
Mary Read a réellement navigué avec l'équipage de Jack Rackham. Des témoins l'ont décrite armée et engagée dans les activités des pirates. Elle a été jugée, condamnée à mort et a obtenu un sursis après s'être déclarée enceinte. Sa mort en 1721 est suivie d'une mention d'inhumation qui nous est parvenue. Voilà les points les plus solides.
L'auberge de Breda, le mariage avec le soldat, le duel pour sauver son amant et les tirs dans la cale sont racontés par Johnson : leur célébrité ne les transforme pas en certitudes.
Il reste suffisamment de faits pour comprendre pourquoi cette femme a marqué les esprits. La victime dans son canot, les témoins français appelés à la barre et les magistrats de Spanish Town n'avaient pas besoin des romans à venir pour connaître son nom.
Ils avaient affaire à Mary Read, pirate.
Questions des internautes à propos de Anne Bonny
- Est-ce que Mary Read eu un mari ?
- Qu'a dit Anne Bonny à Jack Rackam avant qu'il soit pendu ?
- Connaissez-vous des romans dans le même style que Lady Pirate ?
- Quel est le sobriquet de Mary Read ?
- Y a-t-il déjà existé des capitaines de navire de sexe féminin ?
