
Les questions que tout le monde se pose
à propos des pirates et corsaires
254 au total


Les 20 dernières Questions/Réponses
Question de titi84 (18.01.2012) : Comment se nomment les statues à l'avant d'un bateau ?
R:
Il s'agit des figures de proue (proue signifiant l'avant du navire, poupe étant l'arrière).
Les marins, très superstitieux, avaient généralement une figure de proue sur leur navire, symbole d'une offrande à la mer pour apaiser les dieux de la mer.
» D'autres informations détaillées concernant les figures de proue.
Question de anonyme (16.01.2012) : Pourquoi ne faut-il pas siffler à bord d'un bateau ?
R:
Les marins sont très superstitieux. Il est interdit de siffler à bord d'un bateau car cela fait lever des vents incontrôlables et attire le diable.
Le marin peut en revanche siffler à terre.
La seule personne qui était tolérée de siffler à bord d'un bateau était le maître coq (le cuistot), car tant qu'il sifflait, il ne pouvait pas manger les provisions du bord !
Question de Aline (16.01.2012) : Comment protéger son bateau des pirates en Somalie ?
R:
Les attaques de pirates en eaux somaliennes sont de plus en plus fréquentes et il est nécessaire pour les traverser de trouver un système de protection efficace.
Aujourd'hui, les navigateurs qui arrivent dans l'océan Indien font face à un choix très difficile : emprunter la route des côtes somaliennes et du golfe d'Aden, au péril de leur vie, ou faire un détour par le cap de Bonne-Espérance, bien plus longs et donc extrêmement coûteux.
Les solutions de protections contre les pirates :
1) Recourir à une équipe de protection embarquée de la marine française, car c'est l'un des rares pays qui est lié à tous les systèmes de sécurité et de renseignement.
Une telle équipe implique une gestion de l'autonomie et des vivres car il ne sera pas possible d'accoster dans tous les ports.
2) Faire appel à des militaires fraîchement retraités qui se sont reconvertis en mercenaires dans des entreprises privées américaines ou européennes. Ils font office d'escorte armée pour monter la garde sur le bateau, et peuvent également apprendre à son propriétaire comment réagir face à des pirates et les maintenir à distance. Mais ce genre de service a un coût non négligeable, pour avoir un ordre d'idée, cela peut monter à 12 000 $ par jour, une somme gargantuesque !
3) Faire escorter son bateau par un navire armé est la meilleure solution, mais extrêmement coûteuse.
Les solutions suivantes sont moins efficaces car il s'agit d'auto-défense. Cela peut ralentir les attaques, mais difficile de les stopper complètement :
4) Installation de fils barbelés ou de clôtures électriques le long des coques. Une entreprise a créé un système de clôtures électriques de 9 000 volts à l'identique de celles qui protègent certains sites militaires sensibles. En revanche, cette protection ne peut pas être utilisée sur tous les navires, car l'électricité n'est pas compatible avec certains type de chargements.
5) Déversement d'eau brûlante ou puante à l'aide lances à incendie à très haute pression.
L'International Maritime Security Network est en train de mettre au point un système pour que les yachts déversent sur les embarcations pirates un liquide vert, épais et putride.
6) Des haut-parleurs ultra-puissants est une solution qui a déjà montré son efficacité. C'est un système de diffusion d'ondes audio et magnétiques à longue portée (L-RAD et MAD), très douloureuses pour l'oreille humaine, provoquant la désorientation spatiale des individus ciblés. C'est un système développé par HPV Technologies.
7) Des canons lasers permettant d'aveugler les pirates. Des ingénieurs britanniques de BAE Systems ont développé des systèmes de défense qui utilisent l'incapacitation ; tout simplement en aveuglant les pirates qui veulent les aborder.
La puissance du laser peut arriver à une puissance égale à regarder le soleil en face.
8) Anticiper une attaque pirate grâce à un radar révolutionnaire dit holographique qui fournit une image de l'environnement du navire.
Contrairement aux radars classiques qui fonctionnent par rotation. Au lieu de suivre un simple point sur un écran, le capitaine peut obtenir une image de l'embarcation suspecte, sans interruption. Il est donc possible d'analyser le comportement des bateaux suspects.
C'est un système développé par la firme britannique Cambridge Consultants.
8) Une citadelle à l'intérieur du navire. Sorte de chambre forte qui va permettre à l'équipage de gagner du temps en attendant l'arrivée des secours. Dans le meilleur des cas, il faut y transférer des instruments de navigation qui permettront de garder le contrôle du bateau. La création d'une fausse citadelle peut être envisageable afin de détourner l'attention des pirates et gagner davantage de temps.
La citadelle doit être équipée d'une porte résistant aux effractions et aux balles, d'une issue de secours, d'un système de filtration de l'air pour éviter que l'équipage ne se fasse enfumer, des équipements de survie (nourriture et toilettes) et de systèmes de communication pour rester en contact avec l'extérieur.
Des citadelles sont souvent incluses dans les plans de navires en construction.
Des questions/réponses à propos de la piraterie maritime d'aujourd'hui :
» Quel est le portrait type du pirate d'aujourd'hui en Somalie ?
» Pouvez-vous fournir des chiffres statistiques de la piraterie maritime d'aujourd'hui ?
» Pirates, flibustiers et autres "hors-la-loi" écument-ils toujours les mers de nos jours ?
» Quelles sont les différences entre le pirate d'aujourd'hui et le pirate du XVIIIe siècle ?
» Il paraît qu'il y a des corsaires en Somalie, dû au nombre croissant de pirates, est-ce vrai ?
» Est-ce que la France a le droit d'intervenir afin d'arrêter les pirates en Somalie ?
» Quels sont les actes de piraterie dans le monde sur l'ensemble de l'année 2007 ?
Question de kikou91 (13.12.2011) : Comment devenait-on pirate au 17 et 18ème siècle ?
R:
Les pirates étaient issu de toutes nationalités et de tous les milieux durant l'âge d'or de la piraterie.
La majorité des pirates étaient irlandais et anglais, quant aux corsaires, ils étaient surtout français et espagnols.
Beaucoup d'entre eux étaient des esclaves noirs appelés « marron » (ou encore Negmarron voire Cimarrón), qui signifie « vivant sur les cimes » (isolé). La piraterie pouvait - bien que cela soit très risqué - offrir une chance inespérée d'être libre. A titre d'exemple, un quart des 200 hommes d'équipage du navire du Capitaine
Bellamy, le Whydah, étaient noirs.
La plupart des pirates n'étaient autre que des anciens marins appartenant à la marine classique qui n'avait plus besoin d'eux quand les guerres étaient terminées, ou encore des Corsaires qui n'avaient plus de lettres de courses à honorer.
La fin des guerres, et plus particulièrement la Guerre de
la Reine Anne, achevée en 1713, mis un grand nombre de marins au chômage et provoqua une forte baisse des salaires. C'est un nombre colossale de 40 000 hommes qui se retrouvèrent sans travail, et passant leur temps à écumer
les rues des ports comme Portsmouth, Bristol, New-York, ...
A la fin des guerres, les corsaires qui auparavant travaillaient pour le Roi devenaient souvent pirates. Ils étaient entraînés et très expérimentés dans la capture et le pillage des navires. C'était ce qu'ils savaient le mieux faire, et c'était la seule alternative à la famine !
On peut dénombrer beaucoup de différences entre la marine classique et les pirates :
1) Le partage du butin a été une des grandes injustices de la marine classique, y compris chez les corsaires, alors que les pirates étaient plus justes en le partageant de manière équitable, soit une part et demi à deux part pour le capitaine,le quartier maître, le médecin, le charpentier et le coq (cuistot), une part pour le reste de l'équipage. La répartition étant garantie par le quartier-maître.
2) La distribution de la nourriture, de
l'alcool et de l'eau, par les soins du quartier-maître, était équitable chez les pirates. Or, dans la marine « classique », les marins recevaient une bien piètre nourriture, tandis que les meilleurs mets étaient réservés aux officiers.
3) Les punitions infligées par les pirates n'étaient rien comparées à la marine.
Chez les pirates, plusieurs solutions :
- abandon sur une île déserte (on appelait cela « maronner « quelqu'un. Dans le cas d'un crime plus grave, en plus d'être maronné, le pirate se faisait couper le nez et les oreilles.
- un peloton d'exécution choisi par le condamné (le choix d'un ami permettait d'avoir une mort plus « douce »).
- dans d'autres cas, lors d'un assassin à sa victime et on les jette tous les deux par-dessus bord.
- etc.
Chez la marine, les punitions infligées étaient autrement plus rudes :
- un simple vol de nourriture condamnait le marin au supplice de « la grande cale ». Il était ainsi attaché à chaque extrémité de ses membres par des cordes tendues de manière à ce que son corps décolle du plancher. Quatre pirates frappaient violemment les cordes tendues à l'aide de planches. Les vibrations parcouraient tout le corps du torturé provoquant des hémorragies internes. Dans d'autres cas de vol, il existait notamment le supplice du « carénage ». Le prisonnier était déshabillé puis accroché à une corde à ses pieds et ses mains. Il était balancé par dessus bord et les pirates le faisaient passer sous la coque recouverte de coquillages tranchants. Le prisonnier se retrouvait lacéré et était récupéré de l'autre côté du navire, bien souvent en morceaux...
bref, nombreux autres châtiments tels que les fers, la flagellation, etc.
Les périodes de guerre et de trouble ont donc souvent favorisé l'éclosion d'expériences révolutionnaires et d'anarchie.
Souvent, une mutinerie à bord d'un navire marchand le transformait en navire pirate. Charlotte de Berry par exemple, suivit son mari dans la marine de guerre déguisée en homme. Lorsqu'elle fut emmenée de force sur un vaisseau à destination de l'Afrique, elle mena une mutinerie contre le capitaine qui l'avait agressé, et devint alors capitaine pirate. D'autres pirates célèbres ont exercés des mutineries : Edward Buckmaster qui rejoignit l'équipage de Kidd en 1696, ou encore Robert Culliford.
Les pirates étaient recrutés sur terre, comme sur mer.
- sur terre, un capitaine passait le mot qu'il avait des projets de chasse au butin, et les intéressés s'enrôlaient volontairement. Plus le capitaine avait une forte réputation, plus le nombre de volontaire était grand.
- en mer, les hommes étaient recrutés sur des navires capturés. Ces hommes étaient ainsi voués à une vie pleine de de richesse et de liberté. Ils étaient ainsi contraints de signer le code de conduite des pirates, appelé aussi le contrat de « chasse-partie », au cas où il leur viendrait l'idée de prétendre avoir été forcés à s'enrôler pour plaider leur innocence dans le cas où ils seraient capturés par les autorités. Ce contrat serait alors présenté comme preuve lors d'un éventuel procès.
Les passagers ayant une compétence particulièrement utile sur un navire pirate étaient enrôlés de force.
© peintures : The Buccaneers - Frederick Judd Waught (1861-1940)
Marooned pirate (pirate maronné), peinture à l'huile de Howard Pyle, 1909
Capture of the Galleon par Howard Pyle - 1887
Question de Robert (08.12.2011) : Quel est le montant total des rançons récoltées par les pirates ?
R:
Les pirates somaliens ont récolté en 2011 une somme record de 135 millions de dollars (pour l'instant, car à l'heure de cette réponse, nous sommes le 8 décembre 2011 et l'année n'est pas terminée).
En 2010, le total des rançons était de 80 millions de dollars, d'après le contre-amiral Christian Canova, spécialisé dans la politique étrangère et la défense européenne.
Cette différence flagrante est liée à la montée du montant des rançons par bateau. Quand on sait qu'en 2007, la moyenne par bateau était de 600 000 dollars, puis 3 millions en 2010 et 4,7 millions en 2011. Les chiffres devraient continuer à grimper fortement dans les années à venir.
Des questions/réponses à propos de la piraterie maritime d'aujourd'hui :
» Pouvez-vous fournir des chiffres statistiques de la piraterie maritime d'aujourd'hui ?
» Pirates, flibustiers et autres "hors-la-loi" écument-ils toujours les mers de nos jours ?
» Quelles sont les différences entre le pirate d'aujourd'hui et le pirate du XVIIIe siècle ?
» Il paraît qu'il y a des corsaires en Somalie, dû au nombre croissant de pirates, est-ce vrai ?
» Quel est le portrait type du pirate d'aujourd'hui en Somalie ?
» Est-ce que la France a le droit d'intervenir afin d'arrêter les pirates en Somalie ?
» Quels sont les actes de piraterie dans le monde sur l'ensemble de l'année 2007 ?
Question de sandra (19.11.2011) : Comment s'appelle la petite porte pour
laisser sortir les canons du bateau ?
R: Il s'agit du sabord, qui est une ouverture carrée servant de passage à la bouche des canons.
Question de licorne 31 (19.11.2011) : Je cherche un film où la nièce perd son père qui lui donne le plan d'une carte au trésor tatouée sur son crâne qu'elle va récupérer et la guerre va se développer entre son oncle et elle. Quel
est ce film ?
R:
Il s'agit du film d'aventure « l'île aux pirates » sorti en France en 1996.
Le titre en version originale de ce film américano-franco-germano-italien réalisé par Renny Harlin est « Cutthroat Island ».
Les acteurs principaux :
Geena Davis (dans le rôle de Morgan Adams), Matthew Modine (William Shaw), Frank Langella (Dawg Brown), Rex Linn (Mr. Blair), Maury Chaykin (John Reed)...
L'histoire : Morgan Adams, flibustière, est aussi intrépide que séduisante. Après l'assassinat de son père, le pirate Harry le Noir, Morgan hérite du bateau paternel et du tiers de la carte d'un fabuleux trésor. Les deux autres morceaux sont détenus par ses oncles, pirates eux aussi, dont l'un, Dawg, n'est autre que le meurtrier de son père.
» La fiche du film : l'île aux pirates
» Un sujet dédié à l'île aux pirates dans le forum
Ce film a un autre titre, en version canadien : « L'île coupe-gorge ».
Question de (15.11.2011) : Quel est le nom du marin à la jambe de bois qui porte un perroquet sur l'épaule ?
R:
Il s'agit de Long John Silver, qui est né de l'imagination de Robert Louis Stevenson dans son roman "L'île au trésor".
Long John Silver est un pirate Irlandais extrêmement malin et manipulateur, qui est l'image typique du pirate borgne avec la jambe de bois et un perroquet perché sur son épaule.
Autres informations à propos de Long John Silver :
» Comment le pirate Long John Silver a t-il perdu sa jambe ?
» Quelles sont les différences entre l'image que l'on se fait du pirate d'aujourd'hui et le pirate du XVIIIe siècle ?
» Pourquoi les pirates sont devenus des romans et des films ?
Question de Petite pirate (06.07.2011) : Est-ce que les termes "gaillard" et "château" représentent la même partie d'un navire ?
R:
Oui, ce sont exactement les même parties d'un navire.
Le terme "château" est le mot utilisé à l'origine, au moyen-âge, puis il a changé en "gaillard" au moment de l'apparition des caravelles.
Pour la petite histoire, le château a été utilisé à l'origine dans les navires du Moyen Âge appelés Nefs, destinés aux longs voyages. Il existait sur ces navires deux châteaux, le château d'avant et le château d'arrière, qui sont des morceaux de pont fortement surélevés par rapport au pont principal ayant pour but principal d'offrir une protection lors d'un éventuel abordage, mais aussi pour les officiers de surveiller plus facilement l'équipage.
Plus tard, à l'apparition de la caravelle et de la frégate, les châteaux d'avant et d'arrière ont acquis un usage réellement marin et ont été nommés gaillard d'avant (occupé par l'équipage) et gaillard d'arrière (ou dunette, réservée aux officiers).
Question de David (18.05.2011) : MMOWGLI, quel est l'intérêt de ce projet ? Qu'est-ce que c'est ?
R:
Les assauts à mener par l'US Navy sur les pirates somaliens sont complexes, parce qu'ils sont pris au dépourvu par les procédés des pirates.
L'US Navy a décidé de lancer un jeu massivement multijoueur en interne, afin d'étudier les stratégies à gérer efficacement les situations de crise. Ils ont
donc lancé le projet MMOWGLI, « Massively Multiplayer Online WarGame Leveraging the Internet », permettant à 1 000 joueurs militaires
et civils à
participer à des assauts endossant le rôle de pirates ou militaire, au choix.
Au début du jeu, les joueurs seront chargés d'assurer un convoi maritime à travers la corne d'Afrique et le Golf d'Aden. Ils devront gérer la logistique de
l'armement des navires militaires, la probabilité d'attaque des pirates, les enjeux financiers et juridiques afin d'assurer la navigation commerciale et les bateaux
de croisière.
Il sera évidemment pas facile de gérer le système juridique car il est plein de failles... à quand les projets de Jack Lang mis en place ?
Ce projet conçu par l'Office of Naval Research (ONR) est le fruit de plusieurs années de recherches. Le lancement a démarré le 16 mai 2011.
» Le projet MMOWGLI
Question de elotour (14.04.2011) : Pourquoi les pirates fascinent-ils tant les gens ?
R:
C'est une question souvent posée et qui a plusieurs explications.
Ce que j'en pense :
Stevenson (1850-1894), l'auteur du chef d'œuvre l'île au trésor y est pour beaucoup.
Il a créé une atmosphère mystérieuse et d'aventure sur un univers totalement insalubre. Il a ouvert la porte à de nombreux autres romans et (bien) plus tard au cinéma.
Les mots clés principaux sont : île, pirate, trésor, mystère, aventure.
Une chasse au trésor, sur une île maudite perdue à l'autre bout du monde, une atmosphère humide et étouffante. A cela vient s'ajouter des pirates sanguinaires, l'un d'entre eux (ou pas toujours) étant un héros mystérieux qui vit une aventure extraordinaire.
Jean-Pierre Moreau, l'auteur du livre "Pirates au jour le jour" (2009) explique le goût du public lettré européen pour ces aventuriers de la mer peu recommandables , il dit :
"L'attrait de l'aventure exotique mais sans en courir soi-même les risques ?
Le rêve d'une fortune facile sous des cieux cléments ?
La fascination pour des personnages transgressant allègrement les tabous de la société ?
Tout cela réuni sans doute."
Jacques Ducoin a sa propre vision des choses lui aussi, dans son livre "Barbe-Noire et le négrier La Concorde" (2011) :
[...] Les pirates échappent aux lois et règlements qui gouvernent la plupart d'entre nous. Ce sont des rebelles à l'autorité, des esprits libres qui édictent leurs propres règles. L'homme abandonne alors la grisaille des rues pluvieuses et part vers le soleil. Il s'imagine allongé sur une plage de sable avec une bouteille de rhum à la main et une jolie fille à ses côtés cependant qu'une goélette à la coque noire les attend au mouillage pour les emmener vers d'autres îles paradisiaques !
Nous voulons voir le monde des pirates tel qu'il nous a été présenté depuis des années dans les livres d'aventures, les pièces de théâtre et les films. Nous voulons les mythes, les cartes mystérieuses, les trésors enfouis, les capitaines pirates avec leurs sabres et leurs boucles d'oreilles et les marins avec leurs jambes de bois et leurs perroquets verts.
Nous préférons oublier les tortures, les pendaisons et les plaintes désespérées des hommes naufragés sur des côtes inhospitalières.
Pour la plupart d'entre nous, les pirates resteront les romanesques hors la loi vivant loin de toute civilisation sur de lointains rivages ensoleillés.
» Ce sujet a été traité dans le forum, en savoir plus au sujet des pirates qui fascinent les gens.
© L'île aux pirates
Question de Tiziano (02.04.2011) : Pour un jeu d'énigmes, je cherche le nom d'un pirate basque ayant accosté sur l'île de Pâques en 1687. D'où revenait-il ?
R:
L'île de Pâques fut découverte en premier par Edward Davis sur le Bachelor's Delight en 1687, mais sans y accoster, et cet homme était néerlandais. Sa route d'origine était des îles Galapagos vers la Terre de Feu (Patagonie argentine).
Ce n'est pas un pirate basque mais Jakob Roggeveen, qui accosta sur l'île de Pâques avec trois navires au cours d'une expédition.
Il la découvrit le dimanche de Pâques 1722 et l'appela Paasch-Eyland (île de Pâque).
Il y a donc une erreur dans la question.
Question de Christophe (15.02.2011) : Piraterie en Somalie, pourquoi, comment, conséquences, solutions ?
R:
Auparavant, les pirates somaliens étaient de simples pêcheurs de langoustes. Puis, en 1991 le gouvernement tombe à cause de la guerre civile, et les 3 300 km de côtes parmi les plus poissonneuses au monde sont ainsi livrées sans protection au pillage par les navires de pêche étrangers.
Tous se donnent le mot, les eaux somalienne font office d'un nouvel eldorado. Toutes sortes d'espèces de poissons sont pillés : espadons, thons, homards, langoustes, requins dont seules les nageoires sont conservées et le pauvre animal est rejeté agonisant dans la mer, et bien d'autres espèces à hautes valeurs commerciales.
La Somalie est l'un des pays les plus pauvre au monde. La moitié de la population dépends des aides humanitaires, et ceux qui ne font pas de trafic ont à peine de quoi manger.
De 1991 à 2004, les pêcheurs somaliens ont vu leurs eaux pillées par des bateaux yéménites, puis asiatiques, sans que personne ne s'y oppose. Ils ont été privés de leurs ressources, soit une pêche illégale estimée à 25 % du total des prises. Les pêcheurs somaliens se sont mis en colère et sont devenus pirates. La piraterie d'aujourd'hui est une réaction à ce pillage.
En 2004, le tsunami a dévasté les côtes somaliennes. Il a détruit l'outil de travail des pêcheurs. Des conteneurs éventrés avec des déchets industriels radio-actifs et hospitaliers se sont échoués sur les plages. Cela a révélé que la Somalie avait servi de poubelle pour des entreprises européennes et quelques autres pays peu scrupuleux. Les entreprises européennes ont estimé que se débarrasser de la tonne de déchets au prix de 2,50$ la tonne étant nettement plus avantageux que les dépôts en Europe qui réclament 1 000$ la tonne !
Le déversement de ces déchets toxiques dans la mer a non seulement eu pour effet de raréfier la ressource halieutique, mais aussi de faire tripler le nombre de cancers infantiles depuis 20 ans. Aucune solution, aucun espoir pour les enfants qui se présentent à l'hôpital de Mogadiscio...
Ces fûts proviendraient d'un trafic organisé par des hommes d'affaires italiens complices du chef de l'État somalien de l'époque, Ali Mahdi.
Tout cela n'excuse pas la piraterie mais fait partie de son contexte. Ainsi, les attaques de pirates ont augmenté de façon exponentielle depuis 2004.
Selon le gouverneur, c'est lorsque les bateaux marchands ont commencé à verser des rançons de millions de dollars aux pirates que la piraterie en Somalie est devenue un business.
Les pirates ont acheté des armes plus lourdes, des bateaux plus rapides, ils se sont davantage organisés.
En 2006 les actes de pirateries en Somalie étaient au nombre de 20, et sont passés à plus de 70 en 2008.
La zone à sécuriser par les militaires est bien trop gigantesque (3 300 km de côte), et lorsqu'un acte de piraterie est effectué, les militaires arrivent souvent trop tard ; les pirates ont des embarcations très rapides.
En décembre 2008, les Nations Unies autorisent les pays dont les navires sont attaqués à mener des raids militaires de représailles sur terre, en mer et dans les airs contre des pirates qui risqueraient de nuire au bon déroulement des échanges commerciaux au large de la Somalie. L'argent et le fonctionnement de l'économie passe avant tout et ce sera donc l'unique réponse envoyée à ces anciens pêcheurs ruinés, spoliés et humiliés, devenus « pirates ».
Certains habitants somaliens prétendent que la piraterie dans leur pays fournit un service essentiel en régulant les eaux territoriales de leur pays et en empêchant la pêche illégale et le rejet de déchets toxiques. Ce qui finalement est un mal contre le mal pour survivre...
Ces prédateurs étrangers qui pillent les eaux somaliennes à l'aide d'énormes chalutiers sont protégés par les marines militaires de leur pays, ce qui engendre la propagation des pirates jusqu'à d'autres pays africains et en premier lieu à la Mauritanie, à quelques centaines de kilomètres de la France...
La Somalie est située à la Corne de l'Afrique qui est ravagée par la guerre civile et qui est sans gouvernement central depuis la chute du régime de Siad Barre en 1991.
C'est aujourd'hui le point le plus chaud au monde en terme de piraterie.
Cet article sera mis à jour au fur et à mesure de l'évolution de la piraterie et des solutions envisagées par les pays.
Des questions/réponses à propos de la piraterie maritime d'aujourd'hui :
» Pouvez-vous fournir des chiffres statistiques de la piraterie maritime d'aujourd'hui ?
» Quel est le montant total des rançons récoltées par les pirates ?
» Pirates, flibustiers et autres "hors-la-loi" écument-ils toujours les mers de nos jours ?
» Quelles sont les différences entre le pirate d'aujourd'hui et le pirate du XVIIIe siècle ?
» Il paraît qu'il y a des corsaires en Somalie, dû au nombre croissant de pirates, est-ce vrai ?
» Quel est le portrait type du pirate d'aujourd'hui en Somalie ?
» Est-ce que la France a le droit d'intervenir afin d'arrêter les pirates en Somalie ?
» Quels sont les actes de piraterie dans le monde sur l'ensemble de l'année 2007 ?
Question de Amazon (23.12.2010) : Pouvez-vous fournir
des chiffres
statistiques de la
piraterie maritime
d'aujourd'hui ?
R:
Plus de 4 000 actes de piraterie ont été recensés de 1990 à 2010.
En 2009, 159 navires ont subi des attaques pirates, 1 052 marins pris en otage dont 8 ont été tués. A ce jour (décembre 2010), 21 navires et 480 marins sont pris en otage.
Près de 90% des pirates arrêtés sont relâchés, soit près de 700 (présumés) pirates relâchés rien qu'au cours du premier semestre 2010 !
Le coût des actes de piraterie en mer pour l'économie mondiale est estimé entre 7 et 12 milliards de dollars par an ; sachant que les pirates qui écument les routes maritimes au large de la Somalie sont jugés responsables de 95% de ce coût global.
Les rançons versées aux pirates étaient en moyenne de 150 000 dollars en 2005. En 2010, la somme serait passée à 5,4 millions de dollars, avec une rançon record de 9,5 millions payée en novembre 2010 en échange de la libération d'un pétrolier sud-coréen.
Grâce au nouveau projet de loi contre la piraterie en mer, les pirates qui étaient auparavant jugés par un Etat tiers, pourront désormais l'être par les juridictions françaises.
Une compétence quasi-universelle pour juger des actes de piraterie commis hors de France quelle que soit la nationalité du navire ou des victimes, lorsque les pirates sont appréhendés par des agents français.
Une force européenne anti-piraterie (Atalante) est déployée depuis 2008 dans l'océan Indien.
Ci-dessous, les actes de piraterie maritime en chiffres (qui sont régulièrement mis à jour au fil des années) :
| Année |
Nombre d'attaques |
| 2011 | 439 |
| 2010 | 445 |
| 2009 | 406 |
| 2008 | 293 |
| 2007 | 263 |
| 2006 | 239 |
| 2005 | 276 |
| 2004 | 325 |
| 2003 | 445 |
| 2002 | 370 |
| 2001 | 335 |
| 2000 | 337 |
| 1999 | 309 |
| 1998 | 202 |
» Voici une carte affichant les actes de piraterie maritime en temps réel

Des questions/réponses à propos de la piraterie maritime d'aujourd'hui :
» Pourquoi y a-t'il des actes de piraterie en somalie ?
» Pirates, flibustiers et autres "hors-la-loi" écument-ils toujours les mers de nos jours ?
» Quelles sont les différences entre le pirate d'aujourd'hui et le pirate du XVIIIe siècle ?
» Il paraît qu'il y a des corsaires en Somalie, dû au nombre croissant de pirates, est-ce vrai ?
» Quel est le portrait type du pirate d'aujourd'hui en Somalie ?
» Est-ce que la France a le droit d'intervenir afin d'arrêter les pirates en Somalie ?
» Quels sont les actes de piraterie dans le monde sur l'ensemble de l'année 2007 ?
© ICC Commercial Crime Services
Question de cendrine (11.09.2010) : Je recherche du vocabulaire pirate pour plus de crédibilité lors de
l'organisation d'une fête d'anniversaire d'enfants
R: Voici de quoi faire plaisir aux enfants : Parler comme un pirate :)
Question de Ti Mousse (22.06.2010) : Pouvez-vous me donner un estimatif des vitesses maximales
que pouvaient atteindre les navires du XVIIème siècle (Goélette,
Brigantin, Frégate, Vaisseaux de ligne...). Merci d'avance.
R:
Brick : 10 noeuds
Brigantin : 10 noeuds
Flute : 8 noeuds
Galion : 6 noeuds
Goélette : 14 noeuds
Sloop : 11 noeuds
Frégate : 11 noeuds
Deux-Ponts Trois-mâts barque : 8 noeuds
Trois-Ponts (vaisseau de ligne/guerre/rang) : 6 noeuds
Question de Blackbeard (02.06.2010) : Les jambes de bois des pirates ont-elles réellement existé ? Si oui, de quand datent-t-elles ?
R: Les jambes de bois ont réellement existé. Déjà en 1558, une gravure est la preuve de leur existence, en effet Giraud de Mauleon, Gouverneur de Calais et seigneur de Gourdan, a perdu une jambe au cours d'une bataille en 1558, en arrachant Calais aux Anglais, à l'aide de 50 volontaires français.
Question de Lisa (15.05.2010) : Connaissez-vous une liste de documentaires vidéo sur les pirates ?
R: En cherchant un peu sur www.pirates-corsaires.com, on trouve tout sur les pirates... c'est ici :
http://www.pirates-corsaires.com/telefilms-documentaires.htm
Question de Locky (15.12.2009) : Un article sur la piraterie évoquait l'histoire d'un pirate à la cruauté dérangeante, qui aurait été tué dévoré sur une île déserte par une tribu anthropophage. Après plusieurs recherches il m'a été impossible de retrouver le nom de pirate. Pourriez-vous donc
m'indiquer le nom de ce flibustier ?
R: Il s'agit de Jean David NAU dit François l'OLONNAIS le cruel
Question de Aurore (25.11.2009) : Bonjour, est-ce qu'il existe un métier qui se rapproche des pirates (dans l'étude) comme "piratologue", ou cela ne peut être qu'une passion ?
R: Le terme "piratologue" n'existe pas. Je dirais plutôt "expert en piraterie maritime" pour les gens qui s'y intéressent et écrivent des ouvrages sur ce sujet.
Il existe aussi des métiers qui sont là pour combattre la piraterie en mer, mais qui ne sont pas dédiés à ce système.
Le GIGN intervient sur des missions de détournements ou attaques de navire qu'ils appellent Piratmer. Mais ils interviennent aussi sur des attaques nucléaires, chimiques, détournements d'avions, prises d'otages... pas forcément de la piraterie.

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